Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Comme c’est beau la France : Pour l’amour de Lola je ne me tairai pas

Publié le par Nathasha Pemba

Philippe Moukoko est franco-congolais.  Auteur du Dictionnaire général du Congo-Brazzavaille, il revient dans l’actualité avec son premier roman Comme c’est beau la France , publié aux éditions l’Harmattan à Paris.

Comme c’est beau la France est l’histoire de Billy X, garçon perdu du Km4 à Pointe-Noire, qui pense pouvoir s’en sortir en France. Contre vents et marées, aidé par des mensonges et des escroqueries familiales, il va réussir à exproprier des orphelins et la veuve de son oncle. Cela, dans le but d'organiser son voyage au pays de ses rêves, car dans le quartier Km4 comme dans bien d’autres coins de Pointe-Noire, il est impossible pour quelqu’un de s’imaginer mourir, sans voir la France. Être Parisien est en quelque sorte vu comme un signe de réussite sociale qui place quelques uns au-dessus des autres.

Deux années plus tard, Billy X désormais parisien, revient au pays. Riche est dorénavant son qualificatif. Il distribue de l’argent à tout vent. 1 million par ci. Deux millions par là. Mais ce qui le guide n’est peut-être pas anodin. Il sait qu’avec l’argent, on peut acheter même les consciences les plus éclairées. Ainsi, soudoie-t-il la mère de Soukaly, son ex copine, ou disons la maman de son enfant, la petite Lola. Billy X veut emmener avec lui Lola en France. Elle est la fille d’un Français et pourquoi devrait-elle subir les misères du Km4 ? Pourquoi devrait-on la priver d’un avenir radieux puisque la France incarne le paradis ?

Après moult hésitations de la part de la famille de Soukaly, la garde de sa fille lui est accordée.

On n’entendra plus jamais parler de Lola. Désormais lorsque Billy X revient au pays, il se cache, il rase les murs, il loge dans des hôtels, alors qu’il a construit une maison à plusieurs niveaux pour ses parents au Km4.

Un jour, alors que Robert Mampassy, alias Makila Mabé et oncle de Lola, obtient une bourse pour aller étudier à Paris, l’espoir de retrouver la petite Lola renaît dans la famille. Sa mère lui confie alors la mission de retrouver Billy X et de récupérer la petite Lola.

Entre ses études de droit, sa découverte de la France et l’obsession de retrouver Lola, Makila Mabé ne sait pas où poser sa tête, jusqu’au jour où sous les coups des menaces de sa maman restée au pays, il décide d’abord de porter plainte, puis de se rendre à Château-rouge puisque Billy X prétendait y être propriétaire d’un Bar appelé Le Kinkéliba.

C’est alors que, de fil en aiguille, Makila Mabé découvre que parmi les immigrés, il y a ceux qui restent dignes et vivent, travaillent, bien au-delà du racisme et ceux qui décident d’être escroc tout court. C’est le cas de Billy X qu’il nomme désormais comme « son grand-frère du quartier ». L’origine de sa richesse étonne plus d’un. À Paris, il est connu comme un paresseux, faiblard, profiteur, a-communautaire et parasite. Pourtant, cela fait quelques années que personne n’a eu de ses nouvelles. Que serait-il donc devenu ?

À la fin du roman, après plusieurs tentatives, le narrateur réussit à retrouver Billy X, interné désormais dans un hôpital pour difficultés mentales. Il réussit à le voir. Il en a les larmes aux yeux. Cependant demeure toujours la question de savoir où se trouve la petite Lola. C’est en entrant en contact avec une ex de Billy X, que Makila Mabé apprend finalement que sa nièce a été vendue à un originaire des Pays-Bas.

Comme c’est beau la France, c’est aussi l’histoire de la fabrique des immigrants de fausse facture en France. C’est l’illusion de l’Étranger. Il y a la démythologisation de la France où l’on s’imagine, par exemple, que tout le monde est riche. On y retrouve un fait tout à fait courant : celui de plusieurs Africains qui idéalisent la France au départ et qui par après, finissent par la détester sans pourtant la quitter. Makila Mabé esquisse, également, en quelques lignes la dépendance qui lie trop souvent l'immigré à sa famille restée en Afrique; une relation qui n'est pas souvent à son avantage puisqu'il la vit comme une dette non pas comme une reconnaissance.

***

 Toutes les Françaises ne sont pas riches. Ici, j’en vois des mendiantes, des prostituées, des chômeuses, des villageoises, des citadines, des riches, des pauvres 

***

Tiré d’une histoire vraie, Comme c’est beau la France est écrit dans un style fluide qui fait une belle part à l’exotisme. Il décrit bien les lieux par où est passé le narrateur. Le Km4 y trouve une belle attention en ce qui concerne sa description et son légendaire sens de la communauté.

Je vous le recommande.

***

Extrait p 128-129

"-Grand-frère, Billy X disait que la France, c’est beau. C’est faux alors. La vie d’un étranger, c’est donc dur ?

-C’est plus que ça, man. C’est un chemin de croix !

-Et pourquoi ne retournes-tu pas au pays ?

-Et toi pourquoi tu me poses cette question ? Est-ce que la France t’appartient ?

-Bien sûr que non ! Je n’arrive pas à comprendre comment vous pouvez vivre dans un pays où vous vous sentez mal, où on vous met les bâtons dans les roues. Moi, je ne ferai pas comme vous. Dès que je finirai mes études, je retournerai à Pointe-Noire où un bon poste m’attend dans la fonction publique.

(…)

-Petit frère, tu me fais rire ! Ça se voit que tu viens d’arriver en France.

-Moi, je te fais rire ? Pourquoi tu dis ça, grand frère ?

-Parce que je connais quelqu’un qui parle comme toi quand il est victime d’injures racistes ou de discrimination au travail. (…)"

Nathasha Pemba

Références:

Philippe Moukoko, Comme c'est beau la France!, Paris, L'Harmattan, 2017.

Publié dans Littérature africaine

Partager cet article

Repost 0

Question de confiance...

Publié le par Nathasha Pemba

"L'homme est un ensemble de possibilités", disait toujours mon professeur de Sociologie (UCAC), Monsieur Titi Nwel. Il s'adapte, il se fait, il se refait, il se crée mais sa vocation n'est pas de baisser les bras. Plus le temps passe, plus je me rends compte que c'est vrai. Néanmoins, le contraire se déroule aussi chaque jour sous mes yeux. Ce mépris de soi destructeur ou la peur de s'engager. Peur de l'échec... Peur de la critique. C'est sûr... la critique est énervante. Cependant, il faut de la critique dans la vie pour que les choses bougent, goutent et avancent. Je n'ai pas envie de dire que c'est encore pire avec les femmes. Non... Je vous en prie, ne me taxez pas de féministe... mais c'est un peu la vérité. PEUT-ÊTRE parce que j'évolue dans un milieu où je rencontre beaucoup de femmes. Mais non... Il y a aussi des hommes qui hésitent beaucoup. C'est un trait humain universel... le manque de confiance en soi.
 
En y réfléchissant, je me dis que tout être humain est doué de sens... voué à la transcendance . Il est plein de richesses... plein de potentialités, plein de qualités.La question -ou disons le problème- c'est de pouvoir prendre conscience de ce que l'on est. Savoir ce que l'on est permet de savoir ce que l'on peut à court terme, à moyen terme ou à long terme. Ou ce qu'on ne peut pas... Tout court. C'est pourquoi, si je ne pointe pas ce que je veux, j'aurais beau avoir tous les atouts du monde, je ne me réaliserai pas... Je vais tourner en rond et je reviendrai toujours au point de départ. Bref, je dois avoir le courage de me dire: "C'est quoi ton objectif ? Pourquoi cet objectif et pas un autre? Comment cet objectif?"
 
Alors le comment de cet objectif me commande une chose: Confiance! C'est tout. Quand on parle de la confiance, je me souviens de cette pensée de Thérèse de Lisieux: "C'est la confiance et rien que la Confiance qui doit nous conduire à l'amour". C'est beau. Très beau. En effet, comment oser aimer si on n'a pas confiance en soi ou en l'autre, ou en notre objectif? C'est finalement la confiance qui m'aidera à revenir sur l'idée de départ, mes premiers amours, lorsque je me retrouverai dans une impasse. Les accidents seront forcément là, mais si j'ai confiance, forcément... j'avance. À mon rythme.
 
Attention aux démolisseurs d'avenir... Ils sont nombreux sur nos chemins, c'est pourquoi, il faut d'abord croire en soi pour démolir leur mauvaise foi.
 
Nathasha Pemba

Publié dans visions du monde

Partager cet article

Repost 0

Samantha Madia Kande: Nous sommes tous des créateurs

Publié le par Nathasha Pemba

 

Peinture de Samantha MK« Rien n’est impossible, il suffit de vouloir ».Tel est le credo de Samantha. Créer est son porte-étendard. La création est une expérience qu’elle vit depuis qu’elle est toute petite. Elle croit en Dieu et sait que grâce à Lui, elle réalisera de grandes choses. Créer pour elle ne signifie pas s’enrichir au détriment des autres. Elle veut nourrir le monde de son charisme, de ses dons et de ses talents. Samantha fait partie de ces personnes que je rencontre dans mes multiples tournées. C’était au cours d’un vol Montréal-Amsterdam que j’ai fait la connaissance de Samantha. J’étais assise et lorsqu’elle est venue s’asseoir à mes côtés, j’ai compris que notre rencontre n’avait pas vocation à s’arrêter dans cet Airbus.

Étincelante, assurée, convaincue, pieuse, Samantha est une jeune femme qui sait ce qu’elle veut. Elle regarde devant elle et sait que si l’aujourd’hui est déterminant dans son engagement, c’est vers l’avenir qu’elle doit se tourner.

Samantha a étudié le Design d’intérieur au Collège d’Enseignement Général et Professionnel du Vieux Montréal. Elle est diplômée en Etudes d’administration des affaires à l’Université du Québec à Montréal. Elle est peintre, slameuse, photographe…

Qui êtes-vous, Samantha Madia Kande  ?

Une jeune femme en Christ appelée à impacter cette génération par le don de créativité dans le plus de domaines possibles.

Vous êtes peintre, slameuse, photographe… Quel est votre parcours ? À quel moment de votre vie avez-vous pris conscience de votre sens de la créativité ? Que signifie pour vous « être créatrice » ?

Etre créatrice pour moi signifie ressembler à Dieu et manifester la puissance qu'il a mise en moi ; cette même puissance se retrouve dans chaque être humain sur terre. C'est celle-là même qui a permis à l'homme de survivre, et aujourd'hui d'évoluer. Il n' y a pas de création sans imagination. Nous sommes tous des créateurs, la différence est que nous choisissons de l'exposer au monde ou non, d'exploiter cette créativité ou non. Chaque jour nous créons, nous créons des relations, nous créons des histoires, nous créons des moments, nous créons des possibilités, sans pour autant prendre la place de Dieu car il est celui qui a le dernier mot.

Y a-t-il un message derrière vos peintures ?

Je passe un message derrière mes peintures et mes créations. Principalement l'identité et la foi car si nous ne savons pas qui nous sommes, nous ne saurons pas ce que nous devons faire et savoir qui nous sommes nous permet de vivre notre destinée, seule garantie de notre bonheur sur terre.  Et, si nous croyons en ce que nous sommes, rien ne pourra nous arrêter.

Entre l’Europe, l’Amérique et l’Afrique, où vous situez-vous exactement?

Cette question me fait sourire. Les 3 sont dans mon cœur et je suis dans le cœur des 3.

Parlez-nous de l’art de vivre à Montréal ? Les rapports sont-ils simples?

Montréal est une ville que j'ai découverte, une ville riche, agréable à vivre et remplie de surprises! En hiver comme en été, il fait bon vivre. La société montréalaise a ses hauts et ses bas, mais elle devance de loin certaines villes. Je ne la vante pas, bien entendu, mais il fait bon vivre à Montréal. Je reconnais aussi que les rapports n’y sont pas toujours simples, malgré la grande ouverture des Montréalais. Toutefois, j’estime qu’au niveau professionnel, ils sont capables de pousser plus loin. Il suffit d’un peu plus de volonté.

Comment réussir une entreprise lorsqu’on est jeune comme vous ? Avez-vous des mentors ?

Ouf! Ce n'est pas facile, c'est un travail quotidien d'auto encouragement et de vision. Il faut croire, persévérer et se battre. Oui, j'ai des mentors. Ils sont nécessaires lorsqu’on veut obtenir du succès dans un projet qu’on réalise. Ils ont une sagesse et une expérience dont je peux profiter. Ils ont payé un prix que je n'aurai pas à payer, à mon tour j'en paierai certainement, que d'autres n'auront pas à payer.

Parlez-nous de l’architecture d’intérieur. Comment définirez-vous le design du futur ?

Le design du futur pour moi c'est la possibilité que chacun a de créer. Qu'il s'agisse d'un environnement, d'un train ou d'une musique. Et ce, par l'ouverture du monde des affaires et par le travail participatif. Des richesses se cachent en chacun de nous et tout comme il y a 500 ans, un Samsung Galaxy S7 était une folie, le design du futur sera une folie.

Pensez-vous qu’il existe spécifiquement des métiers pour les hommes et pour les femmes ?

Oui et non. Nous sommes faits différents. Notre différence ne veut en aucun cas dire inférieur à l'autre mais simplement différents. Rien qu'à regarder la carrure moyenne d'un homme, elle est carrée alors qu'une femme aura des formes sinueuses. Nous excellons dans des fonctions différentes à cause de la nature mais une femme qui travaille fort peu tout aussi bien soulever des poids lourds!

Vos coups de cœur dans le domaine de la culture ?

La publication des plus belles constructions architecturales de 2016 selon ArchDaily. Il y a de quoi se rincer l'œil !

En tant que femme inspirante, quel est votre message pour celles qui aimeraient suivre vos pas ?

Sachez quelle est votre valeur et demeurez toujours humble.

Quel est votre grand défi ? Des projets pour la RDC, votre pays d’origine ? Pouvez-vous nous en parler ?

Mon grand défi est de me laisser toujours influencer par les causes qui en valent la peine et de ne pas baisser les bras devant les impossibilités qu'essaient de nous dicter les sociétés. Oui beaucoup de projets et non je ne peux pas en parler 

Un mot pour les lecteurs ?

Si vous abandonnez c'est que vous n'avez jamais commencé.

 

Nathasha et Samantha

Publié dans Femmes Inspirantes

Partager cet article

Repost 0

Hend Bouaziz: Le jour et le jour d'après

Publié le par Nathasha Pemba

"Je te dirai, encore, mais cette fois d'une voie déchirée et grave que je t'aime. Je confierai ton destin et le mien à de nouvelles forces invisibles. Pour toi, ce sera les forces du Dieu que tu aimais secrètement, mais qui te faisait tant peur; pour moi, celles du destin qui m'aurait offert le bonheur un moment, si vite écoulé, puis me l'aurait repris. Je te dirai que l'éternité des soupirs étranglés aura commencé la seconde même où tu auras décidé de me quitter. Je te demanderai, des fois, puis d'autres fois encore si tu ne m'entends pas, de rester et si tu m'entends, mais que tu ne m'écoutes pas, je te supplierais de me laisser encore un moment dans l'instant pathétique de la dernière seconde. Et quand malgré mes supplices tu m'auras quand même quitté, alors finira le jour et commencera le jour d'après car toute la vie avec toi n'aura été que que la continuité d'un beau jour, nourri de mille satisfactions du coeur, de l'esprit, des sens et de l'harmonie. Et pour moi, le jour d'après sera plus long que le jour d'avant qui aura pourtant duré toute ma vie, puisque ma vie a commencé le jour où je t'ai connue, puisque je n'ai goûté au bonheur de vivre qu'après t'avoir aimé". 

 

Hend Bouaziz, Le jour et le jour d'après, Rungis, Doxa, 2016.

Publié dans Coups de coeur

Partager cet article

Repost 0

L'imparfaite amitié de Mylène Bouchard

Publié le par Nathasha Pemba

L’imparfaite amitié de Mylène Bouchard évoque le parcours d’Amanda Pedneault. De quoi s'agit-il? Des confidences d'une mère à sa fille. Elle lui parle de son expérience de l'universel attrait qui vogue entre l’amour, le temps, l’espace et la liberté: l'Amitié

Originaire du Québec, Amanda vit à Prague depuis 20 ans. Un jour, elle offre une boîte-souvenirs à sa fille Sabina. Cette boîte contient des lettres, des photos, le parfum de l’amour pour ses amants et ses amis, des carnets. Bref, cette boîte contient une histoire de l’amour et de l’amitié. C’est le récit de L’imparfaite amitié.

Amanda se questionne sur la différence entre l’amour et l’amitié. Doit-on parler de copinage, de camaraderie ? Et, « Pourquoi utilise-t-on le même verbe en amour et en amitié ? »

En voulant donner les détails et le pourquoi de son choix de partir, Amanda parle de l’expérience de l’amour et de l’amitié. Dans le texte, ces deux notions peuvent être considérées comme le legs d’une mère à sa fille. Voyageuse dans l’âme et intellectuelle avérée, la narratrice flâne non seulement sur son bateau, mais aussi à travers les époques. Elle parle de sa famille, de ses amis, de ses amants ; également de sa mère qui avait tout misé sur l’amour, mais qui avait su distinguer entre l’amour, l’estime et l’honneur. En écrivant à sa fille, elle veut lui professer, indirectement, une chose : l’amour et l’amitié sur lesquels s’est construite sa vie. Elle lui parle de son père et de leur relation spéciale ; des moments difficiles où elle se rend compte que quand l’amour est là, il faut le savourer pour qu’il comble vos vieux jours. Elle lui parle aussi de l’amitié, qui n’est ni passionnelle ni obligeant, mais qui est libre.

La première des choses qui m’a marqué dans la personnalité d’Amanda c’est sa propension à jouir de sa liberté. Amanda est une femme libre qui sait que sa liberté s’arrête là où commence celle des autres. C’est donc à l’intérieur de sa liberté qu’elle s’autorisera le va et vient entre l’amour et l’amitié. Cette liberté, que les autres lui envient, ne sera pas sans conséquence. Elle fera de belles rencontres. Elle gardera de bons souvenirs, mais sa liberté n’aura jamais raison de l’amour des autres. C’est une femme pétrie de Culture qui connaît la valeur de la liberté. Elle a beaucoup lu, elle est une passionnée des œuvres d’art. Elle a le coup d’œil. Elle sait quand c’est le bon et quand arrive le moment de partir. Partir ou rester est toujours, chez elle, un acte libre.

Toujours en quête de nouvelles aventures, Amanda fera l’expérience de ce que je me suis permise d’appeler l’amitié artistique. La rencontre avec le tableau me paraît une description de l’amitié bien ordinaire mais ancrée. Pourtant, c’est une amitié qui naît du besoin de réfréner un amour possessif ou envahissant. En réalité, à travers l’idée du tableau, Amanda opère un transfert de ses sentiments sur cette œuvre qu’elle aime de tout son cœur, mais dont elle peut se passer, car un être rationnel n’est pas obligée de posséder tout ce qu’elle aime. Elle décrit cette histoire extraordinaire à travers des métaphores fort saisissantes.

Résister à ce tableau, en ne cherchant pas à le posséder, sera comme pour elle, résister à tomber amoureuse. En ce sens, aimer en toute liberté devient comme une résistance. L’amitié est possible et c’est justement dans son imperfection que se trouve sa possibilité.

 J’ai fini par choisir l’œuvre que j’allais désirer plus que tout sans jamais la posséder .

L’imparfaite amitié, c’est aussi l’histoire d’un amour qui peut devenir une amitié imparfaite parce que l’ombre de l’amour rôde toujours au-delà des cœurs et dans l’insaisissable, notamment lorsque l’autre, qui ne veut plus d’une relation amoureuse, veut faire sa vie. Il y a comme un sentiment de regret, de crainte de blesser celle qui fut jadis un amour… et qu’on a désormais envie d’appeler « amie ». C’est ce qui se passe entre la narratrice et Edmond, qu’elle n’aime peut-être plus d’amour, mais dont le souvenir refuse de céder la place à l’amitié.

Si on me presse de dire pour quoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : parce que c’était lui, parce que c’était moi. 

Tels sont les mots que Montaigne utilise pour désigner l’énigme de l’amitié qui le liait à Etienne de la Boétie.

Cette allusion à Montaigne est introduite ici pour montrer que lorsqu’il est question d’amitié, il est très difficile de le définir. Ce, même si la relation, en elle-même, par l’acte de la liberté qui le fonde, sait quelles sont ses limites. Ce qui compte dans une relation d’amitié, c’est en même temps la réciprocité et la singularité.

Si Amanda différencie l’amitié de l’amour, elle n’oublie pas de mentionner qu’au fondement de l’amitié, il y a le verbe « Aimer », comme l’amour, quand bien même qu’elle n’aurait rien à voir avec l’amour. Elle pense de ce fait, de manière implicite, la question de la fonction de l’amitié ou de l’amour. Du sens de l’un ou de l’autre, de ses lieux de manifestation. L’amitié ou l’amour fait toujours appel à une sensibilité. L’amour peut être sensuelle, alors que l’amitié ne l’est pas. C’est une frontière qu’elle ne peut pas affranchir sinon elle devient une amitié qui se dessaisit de sa substance fondamentale.

Aimer c’est être libre. Aimer n’est jamais parfait sinon ce n’est ni l’amour ni l’amitié.

D’un point de vie philosophique, l’ouvrage de Mylène Bouchard est très bénéfique et inépuisable. Entre Philia et Eros, on se retrouve facilement dans Le Banquet de Platon ou dans Éthique à Nicomaque d’Aristote. À la page 56 par exemple, Hubert Bouchard (je l’ai surnommé le Stagirite de Prague) écrit : « L’amitié, c’est le plus beau, le plus bel état, la vertu, altruiste à atteindre, mais c’est inatteignable. Il n’y a que des amours dupliquées ». Face à cet extrait, La question que je me suis intérieurement posée a été triple : l’amitié serait-elle l’apanage des dieux ? Ce que nous considérons comme l’amitié, n’est-elle, en fin de compte, que l’idée de l’amitié ? Dans un monde imparfait, n’est-ce pas dans son caractère imparfait que se tisse la véritable amitié ?

C’est là toute la pertinence du livre de Mylène Bouchard. Amanda définit avec ses mots l’amitié qui est la « philia » grecque, un rapport empreint d’harmonie et d'affection mutuelle. Un sentiment qui consiste en l’affection extériorisée envers l’autre et la détermination de préserver un lien qui se fonde sur la vertu. L’amitié, dans son essence, s'objecte à l’amour exclusif. Elle est joie d’aimer, joie de respecter, joie de choisir et ouverture de soi au monde. L’amitié est possible, dira Amanda, mais elle est imparfaite.

En dernier lieu, je dirai un mot sur le style très particulier de Mylène Bouchard. Chaque auteur a son style. C’est ce que nous prouve l’auteure. D’aucuns diraient qu’il s’agit d’un style détonant et affranchi, d’autres diraient qu’il s’agit d’un mélange de poésie, essai, roman, nouvelles, bref. Quand j’ai refermé le livre, je me suis souvenue que la singularité d’un auteur c’est aussi sa créativité et que, c’est à travers celle-ci qu’on le (la) reconnait. Ce livre me rappelle  ce que disait Wojtyla : « l’homme ne fait jamais l’expérience de quelque chose hors de lui sans faire d’une certaine façon l’expérience de lui-même dans cette expérience ».[1]. Amanda le prouve en racontant une histoire de  l’amitié à travers sa propre expérience. Et c’est parce qu’il s’agit de sa vie, que son histoire, probablement ordinaire au départ, devient extraordinaire.

 

En écrivant ce livre, Mylène a, comme Amanda, posé, un acte de liberté.

 

Je vous le recommande.

 

Nathasha Pemba

 


[1] Karol, Wojtyla, Personne et acte, Paris, Parole et Silence, 2011, p. 19.

Partager cet article

Repost 0

Hem'Sey Mina: Sur la Photo, c'était presque parfait !

Publié le par Nathasha Pemba

Le roman de Hem’Sey évoque la traversée intérieure et extérieure de Prodige, étudiant Franco-congolais, résidant de la banlieue parisienne qui fait un voyage au Congo-Brazzaville.

 

En fin de parcours estudiantin, Prodige entreprend un voyage à Brazzaville dans l’objectif non seulement de la visiter, mais aussi d’y trouver des voies pour des engagements futurs. Les affaires le motivent. En effet, il rêve de s’engager dans le secteur Immobilier. S’il garde un vague souvenir de Brazzaville, une fois sur place, il va se rendre compte que les choses ne sont pas si faciles et qu’il faut parfois passer outre certains principes pour pouvoir réaliser une activité. Les choses ne sont plus les mêmes, même si les grands parents ont toujours tendance à considérer leur petit fils comme un enfant qui vient de naître. Ce qui agace parfois Prodige qui, depuis fort longtemps a acquis son indépendance. C’est donc de cette manière que sous la houlette de son oncle, il va explorer les rues de Brazzaville.

 

Si Prodige projette d’investir au Congo, il n’est pas le seul, car il y retrouve non seulement des vieux copains d’enfance, mais aussi des amis de France qui eux aussi investissent déjà au Congo. Dans le souvenir de Prodige ou encore dans le vécu de ses amis, on retrouve une jeunesse mondialisée qui parle de Pékin, de Kinshasa, du Cameroun, du Brésil, de Dakar, de Londres…

 

Tout au long de la lecture, on tombe sur des histoires cocasses qui font sourire et qui rappellent la simplicité d’esprit qui caractérise cette population brazzavilloise. Il y a par exemple des passages comme :

 

" Bonaventure faisait partie des Congolais qui ne s’étaient jamais rendus à Paris, mais qui en connaissaient le moindre recoin et en parlaient avec une forte assurance. Lorsqu’il voulait le démontrer, il sortait toujours de ses poches un ticket de métro usé et un dépliant de la carte de la ville qu’il avait auparavant étudiés avec une grande attention, achetés auprès d’un Parisien inconnu au marché Total, pour signifier qu’il maîtrisait ce qu’il avançait "

 

On retrouve également, cet avilissement des mœurs qui marquent désormais les relations entre compatriotes : la corruption. Aussi, il n’est pas rare de voir Prodige réagir de temps en temps devant certaines attitudes, lui qui semble être désormais pétri d’une autre culture. L’autre réalité qui étonne quelque peu le héros du roman, c’est la panoplie des églises de réveil qui chassent des démons toutes les secondes. On y retrouve aussi des préjugés sur plusieurs choses comme la tendresse légendaire de la femme zaïroise. Rien n’est laissé au hasard, puisque même l’envahissement des Chinois y trouve son compte.

 

Le roman décrit notamment toute cette cacophonie qui caractérise désormais le Congo Brazzaville avec ses gangrènes de corruptions, ses routes mal asphaltées, ses coupures de courant et d’eau intempestives… Bref, un pays qui donne, de loin, l’image d’une perfection qui n’est finalement qu’une perfection de façade, puisqu’il faut y vivre pour se rendre compte que « le trop parfait » est vraiment le trop en trop. Il faut donc que les Congolais prennent conscience de leur appartenance à cette nation pour la sauver.

 

Roman initiatique, Sur la Photo, c’était presque parfait, bien au-delà de son caractère cocasse, prospecteur et mémorial, livre, à mon sens, un message important à la jeunesse actuelle. Dans une société congolaise où pour exister il faut être fils de, neveu de ou petit de, l’exemple de Prodige nous rappelle qu’avec un peu de volonté et surtout de l’honnêteté et de la franchise, on peut réaliser quelque chose de bien et s’en sortir. C’est tout le sens de l’épilogue dans lequel Chardel, l’ami de Prodige le considère comme un modèle que la jeunesse africaine des banlieues françaises devrait suivre au lieu de « passer leurs vies à épier et mépriser leurs semblables ».

 

Néanmoins, Prodige reste lui-même aussi un personnage assez particulier. On ne parlerait pas d'effronterie, mais une caractéristique bien à lui, une sorte de Blanc-Noir. Lui même d’ailleurs se définit comme « Noir de France qui compte œuvrer pour le Congo à partir de l’Hexagone ». Ce qui se comprend aisément puisque son ami, une sorte de Noir-Noir, se définit indirectement comme « Noir du Congo » qui compte œuvrer pour le Congo à partir du Congo.

 

In fine, je dirais que le roman de Hem’Sey invite à la quête de l’essentiel. On y note une prise de conscience pour l’engagement et l’investissement dans les pays d’origine de la part d'un originaire. Seulement, le plus surprenant c’est l’acceptation du paradoxe même de la vie en tant qu’elle implique forcément une ouverture au monde. C’est ce qui me paraît très intéressant et essentiel à souligner. D’une part il y a une France qui, même si elle offre le minimum de bien-être, ne permet pas toujours aux jeunes issus de l’immigration de se réaliser dans leur domaine d’études et selon leur compétence. D’autre part, il y a une France qui fait ce qu’elle peut et essaie d’ouvrir des vannes pour que les jeunes puissent se réaliser. Prodige est pour cette deuxième France, car il rêve, après son Master, de se réaliser en France, en tant que Noir de France. Ce choix, signifie en quelque sorte que si les jeunes Noirs veulent réussir, ils doivent d’abord étudier et se donner toutes les possibilités de réalisation, même si ce n’est pas facile, car l’Afrique d’aujourd’hui peut aussi offrir des illusions qui rendent le retour quelques fois ambigu. En ce sens, le roman de Hem’Sey témoigne de la nature quelques fois complexe du retour dans le pays d’origine, lorsqu’on a immigré ailleurs et qu’on a déjà commencé à y prendre ses marques. Il m’a fait penser à « L’énigme du retour » de l’Académicien Dany Laferrière qui montre que ce n’est pas le désir du retour qui fait défaut, mais le manque de réponse à la question du comment ? Dans l’expérience de Prodige, il y a le bonheur d’avoir retrouvé les siens, mais il y a aussi le désespoir de ne pas pouvoir y rester parce que rien ne semble préparé pour l’accueillir. Faut-il reprendre la vie à zéro ? Non ! Il est un Noir de France, il va rentrer chez lui en France. La réalité qu’il rencontre à Brazzaville et à Pointe-Noire restreint sa possibilité de rêver. Son pays d’origine est devenu un ailleurs où il ne peut plus se retrouver. Il pense, comme la narrateur de « L’énigme du retour » que, le problème congolais, pour le moment n’est pas encore résolu. Ainsi , il vaut mieux être réaliste, car vivre est déjà une chance.

 

Nathasha Pemba

 

Références, 

Hem’Sey Mina, Sur la photo, c’était presque parfait !, Rungis, La Doxa Éditions, 2016.

Dany Laferrière, L'énigme du retour, Montréal, Éditions Boréal, 2011.

 

Publié dans Littérature africaine

Partager cet article

Repost 0

Nicole Mballa-Mikolo: Un mari infidèle, ces jours-ci, est un criminel en liberté...

Publié le par Nathasha Pemba

La question de  la fidélité de l’homme dans le mariage fonde le roman de Nicole Mballa-Mikolo. Atteinte dans ses valeurs et dans sa vision du mariage, Ngawali le personnage principal du roman, s’interroge sur l’avenir de son mariage et sur la capacité que possède l’homme à se fidéliser dans une relation. Elle se sent abusée et dénigrée par l’infidélité de son mari.

 

En dépit d’un questionnement perpétuel qui la hante, Ngawali, l’héroïne du roman, décide de vivre avec les infidélités de son mari jusqu’au jour elle découvre, à travers une clé USB que Monsieur prépare ses deuxièmes noces avec sa seconde épouse. Commence alors une réflexion, un monologue intérieur où Ngawali, réfléchit sur son couple, sur son avenir et sur sa potentielle décision. Son époux, ne sachant certainement comment lui annoncer cette ultime folie a laissé trainer dans la maison des photos et une demande de mariage dans la chambre conjugale. L’épouse est tombée dessus. Elle est déçue. Elle se demande si son mari changera un jour.

S’ensuit un dialogue à deux où Ngawali tente de ramener son mari à la raison. Ce dernier, obnubilé par l’omnipotence du pouvoir mâle que la société attribue à l’homme tente de se défendre non moins sans mépris teinté de mensonge.

« -Ma chérie, je te dis que tu fais une grave erreur. C’est une mauvaise idée de quitter son mari pour…

-Pour adultère.

-Pour adultère ? Comme tu y vas ! M’as-tu surpris dans cette maison avec une femme ? Je n’ai pas commis d’adultère et d’ailleurs, seul celui de la femme peut-être érigé en infraction pénale. »

Le dialogue avec l’époux est suivi par un dialogue à trois. Ngawali, sa mère et sa grand-mère. De fil en aiguille, ses deux parents parviennent à lui avouer leur infidélité pour corriger leurs époux. Ces femmes sont d’une autre génération… Elles lui avouent, sans ambages, que plusieurs femmes de leur génération ont utilisé l’infidélité comme arme pour ramener leurs époux sous le toit conjugal. C’est en quelque sorte une vengeance douce. Néanmoins elles ne sont pas les seules. Plusieurs femmes le font et l’ont toujours fait. L’homme est par essence un jaloux. Cette jalousie lui vient de sa puissance qui l’illusionne dans l’idée que ce qu’il possède ne doit être possédé par personne. La femme étant un objet comme tant d’autres que l’homme achète lors du mariage coutumier, il lui arrive de la considérer comme une chose parmi tant d’autres.

Le roman « Les calebasses brisées » a une visée frondeuse, rebelle, évaluatrice et constructive. Il se focalise sur la question de la fidélité dans le mariage, mais aussi de la propension que possède la société à faire subir à la femme les infidélités de son conjoint. De ce fait, l’auteur interroge plusieurs autres questions, comme la famille, le rôle de la femme dans le mariage.

Le thème de la femme présente ici une réalité très commune chez une catégorie de femmes d’une certaine époque. Pourtant ce que l’on aurait pu considérer comme une continuité de mère en fille et de grand-mère à petite fille montre ici que bien souvent, il peut arriver que l’on se trompe sur la femme. Certains disent d’elle qu’elle est un mystère, un couteau à double tranchant... Toujours est-il que, comme tous les humains, la femme sait souvent ce qu’elle veut. En effet, loin d’être bête, manipulatrice, manipulable ou naïve comme on croit souvent, la femme peut parfois faire preuve de sang froid et ramasser les morceaux des calebasses brisées pour leur redonner la vie.

Les calebasses brisées a ceci de particulier qu’elle place la femme en face de sa propre liberté. Liberté… un mot d’une ambiguïté sans pareille, tant elle a souvent besoin de se ramifier à plusieurs autres notions et réalités sociales pour exister. Une définition classique de la liberté dit ceci : « Elle s’arrête là où commence celle de l’autre ». Et c’est précisément le problème de du couple que Nicole partage avec Mawandza, son époux, homme décrit comme étant un polygame qui ne se gêne pas de l’être. D’ailleurs, pourquoi devrait-il se gêner d’exhiber sa passion pour le sexe féminin.

Dans la situation que traverse son couple, Ngawali se situe entre les deux rives : son amour pour Mawandza et l’avenir de ses enfants. Son amour pour son époux n’a pas changé depuis le premier jour, mais la fidélité semble inaccessible à son mari qui change des femmes comme un ivrogne respectable change des bouteilles de bières. Témoins de divorces où ce sont les enfants qui ont payé, elle hésite. Etre au centre de cette situation devient un gros caillou dans sa chaussure, car elle en souffre et demeure consciente que ce sera encore à elle de se sacrifier.

Avec Les calebasses brisées, Nicole Mballa-Mikolo touche un problème crucial. Celui du mariage. Elle repose une question éternelle : tous les hommes sont-ils des polygames ? Si le refus de tomber dans une posture déductive semble nous hanter, on dirait presque oui, si l’on reste dans le cadre du roman. La maman de Ngawali et sa grand-mère ont elles aussi connu les infidélités de leurs époux. Quand on est jeune, on a le privilège d’être protégée, et le rôle d’une mère c’est presque de cacher à sa fille ce qu’elle endure. Elle ne veut pas l’influencer. Ngawali découvre que l’idéal du mariage qu’elle s’est forgée en voyant vivre ses parents ou ses grands-parents n’était peut-être qu’illusion. Mais elle ne perd pas espoir. S’il y a un temps pour tout, comme le dit le sage Qohélet, Elle sait que de tout temps, le femme a toujours été une force tranquille. Cependant, il puisse arriver que pour des raisons différentes, elle peut fléchir, mais cela ne signifie pas qu’elle cède, car « Ce que femme veut, Dieu le veut ». Tel est le mot de la fin du roman.

Ce roman  invite les femmes à l'exhumation des valeurs et à transcender tout ce qui n'élève pas. Quand on a fermé le livre, la question demeure: Tous les hommes sont-ils des infidèles qui s'ignorent ? Toujours là, l'infidélité, pas du tout surprenante... mais souvent inacceptable socialement. Elle déçoit plus qu'elle ne surprend. Pour certains, elle fait partie des choses qui pourraient permettre à un couple de durer longtemps. La fidélité serait-elle ennuyeuse ? Les femmes du livre pensent que non... même si dans leur dialogue, on perçoit une certaine résignation : l' infidélité existe... Il faut peut-être faire avec... ou venger son humiliation. Une possible question de réflexion : y a-t-il des limites à la monogamie ?

Il y a aussi des "à côtés" que l’auteur développe: la situation socio-politique du pays où se déroule l'histoire. Ce qui reste enrichissant pour le roman. Cependant, je préfère m’arrêter à la question de l'infidélité et vous de découvrir le roman.

 

Nathasha Pemba

Références:

Nicole Mballa-Mikolo, Les calebasses brisées, Paris, L'harmattan Congo, 2016.

prix: 16, 50 euros

 

Publié dans Littérature africaine

Partager cet article

Repost 0

HAUT LE CŒUR, Nouvelle du mois

Publié le par Nathasha Pemba

Elle pouvait se montrer entreprenante ou manipulatrice, gentille ou méchante. Cela dépendait des lieux et des circonstances. De notre relation, je ne savais qu’une seule chose : elle était ma tante. Du côté de mon père ou de ma mère ? Elle m’avait dit que cela importait peu. Du jour au lendemain, j’ai cessé de lui poser des questions. J’avais décidé de la suivre dans ses affaires. Lorsqu’elles fleurissaient, c’était le bonheur. Lorsque nous passions par des moments de sécheresse, elle me maudissait. Il fallait, dès ce moment-là que je trouve un moyen de ramener un peu d’argent à la maison. Elle disait alors qu’elle devenait vieille, que c’était à mon tour de la nourrir. J’ai été tour à tour mendiant, enfant de la rue ou aveugle. Quelques fois, j’aidais des femmes du marché à porter leur panier de provisions. Un jour, je me suis enfui avec le panier d’une tantine. Ce jour-là, elle m’a embrassé et m’a prise dans ses bras. Elle savait que les câlins étaient ma faiblesse. Je vivais toujours comme une personne qui était en manque perpétuel. J’étais un frustré de grands chemins. J’avais un besoin permanent d’affection. Pour attirer son attention, j’étais même capable de tuer.

Un soir, elle est rentrée toute heureuse à la maison.

-Nous allons changer de résidence. Il faut que nous nous rapprochions du centre ville. Vivre ici à Patra nous éloigne de la ville.

-Où irons-nous ma tante ?

-Fais-moi confiance neveu. Nous allons chasser la faim. Pourquoi nous devons souffrir et observer les autres faire comme si de rien n’était. Nous allons récupérer ce que les gens nous doivent.

-Ok Tante.

Tout commença ce jour-là. Nous n’emportâmes que nos deux traditionnels sacs de voyage. Personne ne savait d’où nous venions. Elle seule savait où nous allions. Au jour le jour, je la vis ramener des tôles d’Alu Congo, aidée par un pousse-pousseur super gentil qui partagea quelques fois son lit. Quelques semaines plus tard, elle est venue avec les énormes casseroles en aluminium. Toujours en provenance d’Alu Congo. Profitant de notre proximité avec la société Sidetra, elle séduisit un constructeur des maisons en planches. Ce dernier l’aida à bâtir une résidence digne d’une reine de Dibodo. Notre nouvelle résidence.

Avec les tôles, on recouvrit le toit. De ce qui restait, on construisit, au fond de ce terrain anarchiquement occupé, une espèce de hutte rectangulaire. À l’intérieur de cette hutte, elle disposa un lit mesurant 1m, 90. Un oreiller de couleur rouge. Trois pierres servant de foyer plus une grande casserole posée dessus. À l’extérieur, une douche en tôle et des latrines en tôles.

-Ngosso ! Ne mets jamais tes pieds dans cette pièce sans mon autorisation. C’est mon sanctuaire.

-Oui ma tante.

-D’ailleurs, j’ai décidé de t’inscrire à l’école Saint-Pierre. On m’a dit qu’il y a une école spéciale qui peut encadrer des enfants en retard comme toi.

J’étais triste d’aller à l’école. Je n’étais pas très content au fond de moi. Elle allait me manquer. Mais comme elle avait décidé, je n’avais pas le choix. Je ne voulais pas qu’elle me renie. Elle était la seule personne dont je pouvais me targuer de posséder un souvenir. Je l’ai considérée, définitivement, comme ma seule famille.

Deux jours plus tard, je suis allé à l’école.

Dès que j’ai regardé la maitresse, madame Tchitembo Émilienne, j’ai compris que je pouvais lui faire confiance. Elle était jolie. De teint clair. Le rose lui allait bien. C’est le genre de femmes que j’aurais voulu avoir pour mère. À son contact, j’ai commencé à rêver d’une mère. Elle a été la première qui a réveillé mon coeur d’enfant. Si j’avais une tante, je devais bien avoir une mère quelque part, pensais-je ! J’ai eu d’autres maitresses, mais, avec madame Émilienne c’était différent. Elle me regardait avec un autre regard. Je ne savais si c’est cela qu’on appelait regard maternel. Je n’ai jamais eu de mère.

Notre première rencontre s’est déroulée dans son bureau où j’ai déboulé comme une pluie imprévisible. Ma tante m’avait donné un paquet d’argent et m’avait envoyé à l’école. Je ne savais pas d’où provenait cet argent. Quand je suis rentrée dans le bureau de Madame Émilienne, elle m’a proposé une chaise. J’ai hésité avant de m’asseoir. C’était la première fois qu’on me proposait une chaise. Elle a ôté ses lunettes et a porté une autre paire. Elle m’a demandé ce que je voulais. J’étais intimidé. Elle s’est levée de sa chaise et est venue boutonner ma chemise. Je m’étais mal boutonné je crois. Elle a pris mes deux mains, puis m’a demandé ce que je voulais, je lui ai tendu mon sachet avec le paquet d’argent. Sans la regarder, j’ai balbutié quelques mots.

-Ma tante m’a dit de venir à l’école. Elle dit que je suis trop grand pour rester à la maison.

-Quel est ton âge ?

-Je ne sais pas…

-Tes parents ?

-Je ne sais pas…

Elle m’a demandé de garder le sachet. Elle est retournée s’asseoir.

-Et pourquoi elle ne t’a accompagné, ta tante ?

-Je ne sais pas.

Elle m’a demandé d’ouvrir mon sachet et de compter l’argent qui s’y trouvait. Je ne savais pas comment elle avait su que je savais compter. J’ai compté. C’était cent mille francs CFA. Elle m’a dit que  c’était trop pour l’école.

-L’assurance, c’est 250 francs. Mais tu ne vas pas payer. Je vais le faire pour toi. Par contre, il te faudra une tenue, quelques cahiers, et un livre du CP.

Je n’ai rien compris.

-Reviens demain avec ta tante. Dis-lui que la maitresse Emilienne veut la voir.

Je savais, au fond de mon cœur, que c’était impossible. C’était perdu d’avance. La réalité était que ma tante décidait de voir les gens quand elle voulait. Et, manifestement, les gens de l’école ne l’intéressaient pas. Sinon, elle ne m’aurait pas envoyé seul.

Après la maitresse, je suis allé traîner au marché avec mes copains mendiants. J’avais caché le sachet d’argent sous ma chemise. Le soir quand je suis arrivé à la maison, j’ai vu que nous avions désormais l’électricité et de l’eau. C’était une surprise de taille. Une pancarte surplombait la maison. HAUT LE CŒUR. Tel était ce qui était marqué dessus. J’avais décidé de ne poser aucune question à ma tante.

 Lorsqu’elle m’a vu arriver, elle s’est mise à sourire.

-Ngosso, nous allons devenir très riche.

Elle ne m’a posé aucune question sur ma journée à l’école. Nous avons mangé, puis je suis allé au lit. Je trouvais qu’en quelques jours ma tante avait changé. L’argent l’avait transformée et elle semblait tout le temps préoccupée. Elle portait une énorme Bazin de couleur verte avec des hauts talons vertigineux. J’ai refusé de la regarder. J’étais triste.

 

Le lendemain matin, je me suis réveillé très tôt.

J’ai remis ma tenue de la veille. Je me suis présenté dans le bureau de la maitresse Émilienne.

-Bonjour mon ami

-Bonjour la maitresse Émilienne.

-Ça va ? Tu as bien dormi ? Où est ta tante ?

-Elle ne viendra pas.

Elle m’a présenté la même chaise. Elle m’a demandé de m’asseoir. Je me suis assis.

Quelques minutes plus tard, elle m’a demandé si j’avais déjà mangé, j’ai bougé la tête. Elle a ri. Elle m’a demandé de lui répondre par oui ou non.

-Je n’ai pas faim, lui ai-je dit.

-Ok. Tu vas m’accompagner dans ma classe. Tu vas t’asseoir juste au fond et ne rien dire. Après les cours, je t’accompagne au marché pour que tu achètes tes fournitures scolaires ainsi que ton uniforme. Demain tu commences les cours. Je te suivrai personnellement, en dehors des cours communs. Tu as accumulé beaucoup de retard.

Elle dit ça avec une grande délicatesse. J’étais époustouflé.

-Merci la maitresse.

C’est de cette manière que la maitresse Émilienne est rentrée dans ma vie. J’ai pensé dans ma tête qu’elle pourrait m’aimer comme son fils. À midi, nous avons longé la route de l’église Saint-Pierre. Nous avons dépassé le pont. A quelques mètres de là, des tailleurs installés vendaient des uniformes scolaires. Nous avons acheté mon uniforme bleu kaki à 3000 francs. Nous avons continué plus loin, à la librairie de sept chemins, juste au rond-point Lumumba. Là, nous avons acheté un sac, des stylos des livres et des cahiers. Le tout à 15000 francs. Sur le chemin du retour, elle m’a demandé :

-Ngosso, combien te reste-t-il ?

-82 000, lui ai-je répondu.

-Bravo. Tu es fort en calcul. Demain, tu reviens à la même heure que ce matin. Tu commences les cours.

C’est de cette manière que j’ai commencé l’école dans ma vie.

Quand je repense encore à cette période de mon enfance, je me rends compte que dans la vie, la personne qui vous aide ce n’est pas forcément un membre de votre famille. Je suis assis dans cette belle voiture, mes enfants assis à l’arrière, je ne cesse de penser à ce qu’a été ma vie. Je n’ai plus de nouvelles de la maitresse Émilienne. Après ma tante, c’est la deuxième femme de ma vie que j’ai perdue. Quand j’ai eu mon bac, je suis allée voir la maitresse pour lui dire que grâce à ses efforts, j’allais pouvoir enfin aller à l’université, elle m’avait béni et avoué qu’elle souffrait d’un cancer de l’utérus et que ses jours étaient désormais comptés. J’avais pleuré comme un gamin dans ses bras. C’est la première femme qui a vu mes larmes. Elle s’en est allée avec. Depuis je n’ai plus jamais pleuré. Ma tante, par contre, je l’ai revue, il y a quelques semaines. Elle m’a raconté comment la police avait fait irruption dans notre maison de Sidetra, brûlant tout sur son passage. Avec le temps j’avais fini par apprendre que ma tante, en réalité, n’était pas ma tante. J’étais un enfant volé dans un hôpital à Bertoua au Cameroun. Ayant perdu son enfant, elle avait fait une dépression et m’avait volé. Elle avait donc traversé la frontière jusqu’à Pokola et Ouesso. Elle était arrivée à Brazzaville, puis avait voyagé jusqu’à Pointe-Noire avec moi. HAUT LE COEUR, était en réalité son nouveau business. Elle avait rencontré un gourou qui lui avait dit qu’ils pouvaient, tous les deux faire des affaires. Donner de l’espoir aux femmes qui ne pouvaient tomber enceinte. Sachant que beaucoup de femmes rêvaient d’avoir des enfants, ils avaient ciblé leur catégorie. C’est ainsi qu’elle s’était enrichie. Son gourou concoctait un produit chimique qu’il faisait avaler à ces femmes durant trois mois. Leurs ventres s’enflaient, leurs menstrues cessaient de couler, elles avaient des nausées tout le temps. Bref, elles avaient tous les symptômes des femmes enceintes. Au début, ces femmes venaient accoucher là chez nous. Le Gourou leur faisait avaler des tonnes de drogues pour qu’elles perdent connaissance. Et à la fin, elles se réveillaient leur bébé dans le bras, ne se souvenant plus de rien. Le gourou travaillait avec des sages femmes qui volaient des bébés dans les hôpitaux. C’était un business qui payait très bien.

Après la classe de sixième, ma tante m’avait envoyé en pension et m’avait confié à un tonton qu’elle disait être son ami. C'est lui qui, bien plus tard, avait fini par m'avouer que j'étais un enfant volé. Je ne leur en voulais pas

Son business a duré environ treize ans jusqu’au jour où, Pampame, une femme colonelle est passée par là. Elle a tout subi jusqu’à la fin, mais a décidé d’aller accoucher en France. C’est le jour où tout a basculé. Ma tante a été mise en prison. Son gourou et ses sages femmes mystères se sont volatilisés. La police étant ce qu’elle est ici chez nous, ma tante est sortie six mois plus tard. Aux dernières nouvelles, je suis allée la voir, j’ai revu le même style de construction. Cette fois-ci ce n’est plus « HAUT LE CŒUR», c’est désormais « IL EST VIVANT ». Je ne sais pas ce que cela va donner.

Pour ma part, je suis devenu juge. Je suis marié et père de six enfants. Mon épouse est notaire. Nous nous aimons beaucoup. Je lui ai raconté toute mon histoire. Je ne peux pas dire que je ne suis pas heureux. L’ingratitude n’est pas mon fort. Quand j’ai rencontré mon épouse à la faculté de droit, j’ai tout de suite compris qu’une nouvelle ère s’ouvrait à moi et que j’avais le choix entre la choisir ou choisir de rester dans mon histoire pas excitante certes, mais mon histoire tout de même. J’entrais en première année. Elle était en doctorat de droit, et malgré cela, j’étais son aîné, parce que j’ai cumulé du retard. En réalité, quand je suis arrivé au CP, j’avais 12 ans. Elle m’a parrainé et elle m’a aidé à valider mes sessions sans difficulté. Je suis entré à l’école de magistrature de Bordeaux. Elle y était avec moi de temps en temps, parce qu’elle faisait son doctorat à Brazzaville. Elle est la première femme que j’ai connue. Je n’ai pas eu d’histoires avec d’autres femmes. J’ai toujours eu peur de souffrir. Nous venons de deux mondes différents. Elle est la fille d’un grand avocat. Moi ? Je suis juste moi. Ngosso sans famille et sans prénom. Elle m’a enseigné l’amour du travail et le respect de tous les êtres humains. Quand nous avons décidé de nous marier, son père ne m’a pas caché qu’il espérait pour sa fille un garçon de grande famille comme elle.

-Je pense que tu aimeras profondément ma fille, m’a-t-il dit.

L’amour. C’est ce qui comptait finalement pour lui. Rien d’autre. Malgré l’énormité de nos charges, nous essayons de donner de la place à notre vie de couple, d’aimer nos enfants. L’aînée, Mathilde a aujourd’hui 21 ans. Elle prépare son entrée dans une école doctorale. Elle avait eu son bac à seize ans. Rien à dire. Futée comme sa mère.

Ce matin, en sortant de la maison, mon épouse m’a dit qu’elle avait retrouvé ma vraie famille biologique. Ma mère avait perdu la joie de vivre depuis qu’on m’avait volé, parce que j’étais un enfant de la souffrance et de la misère, un enfant qu’elle a toujours voulu et cherché et qu’elle avait eu du mal à trouver. Avant et après moi, elle n’a pas eu d’enfants. Après cette tragédie, elle avait demandé à mon père de faire des enfants hors lit. Des enfants qu’elle avait élevés. Deux frères et deux sœurs. Je n’avais donc pas de nom. Mes parents n’avaient pas eu le temps de me donner un nom. Je suppose qu’ils en avaient gardé un dans leur cœur. Une mère n’oublie pas ça. J’ai hâte de prendre mon billet d’avion et d’aller leur rendre visite. Ils vivent désormais à N’Gaoundéré, dans le nord du Cameroun. La première chose que je demanderai à ma mère, ce sera mon prénom. Je sais qu’elle ne l’a pas oublié. Peut-être, finalement, qu’elle ressuscitera mes larmes.

 

Nathasha Pemba

 

Publié dans Nouvelles du mois.

Partager cet article

Repost 0

Lytta Basset, Aimer sans dévorer

Publié le par Nathasha Pemba

"J'avoue qu'il m'a fallu du temps, beaucoup de temps. Des combats à répétition, dont je me serais bien passée. Des ornières où je m'enfonçais tant et plus. Le pesanteur de situations sans lendemain, quand "l'enfer c'est les autres". Et, au fil des saisons, cette évolution si lente, si laborieuse vers des relations humaines viables… Tout cela pour parvenir à lâcher la hantise d'être aimée, vraiment aimée. Et, par la même occasion, celle d'aimer suffisamment. Je pourrais dire aujourd'hui que les obstacles ont fini par s'envoler, tels des monceaux de feuilles mortes chassées par le vent. Je me tiens dans l'Amour. Et je nous y vois tous, les moins aimables aussi.

Cela peut paraître d'une banalité affligeante: je ne doute plus d'être aimée ni d'être capable d'aimer. Facile à dire! Pourtant je fais partie de tous ceux pour qui cela ne va pas de soi, n'est longtemps pas allé de soi. Je peux voir maintenant ce que j'ai laissé derrière moi. Me voilà, à l'abri de tout amour dévorant: la peur d'être dévorée m'a peu à peu quittée sans que j'aie besoin de me fabriquer une armure. Par ailleurs, je suis libérée de mon propre besoin de fusionner, donc de dévorer… sans pour autant m'enliser dans l'indifférence. En chemin, les repères m'ont souvent fait défaut, les clés de compréhension, les connaissances psychologiques, les impulsions de vie, les éclairages spirituels. Ils m'auraient évité beaucoup d'impasses, de gâchis relationnels, d'errance et de désolation". 

 

Lytta Basset, Aimer sans dévorer, Paris, Albin Michel, 2010.

Publié dans visions du monde

Partager cet article

Repost 0

Être une lumière pour les autres et ne pas briller tout seul

Publié le par Nathasha Pemba

Certains philosophes disent que la tendance de l'homme moderne, c'est le repli sur soi... Cette espèce d'individualisme qui nous enferme et nous conduit à oublier l'existence des autres. Alors comment comprendre, dans ce contexte, la phrase :"Être une lumière pour les autres?"

Dans une société où le modèle demeure important, l'humain que  chacun de nous représente est appelé à "briller pour les autres" afin que les autres puissent trouver en lui une occasion d'avancer. Cela devient en quelque sorte une mission à accomplir dans ce monde. Être lumière signifie aussi, éclairer les autres et les aider à mettre en avant leur lumière, les aider à prendre conscience qu'ils ont eux aussi reçu une lumière.

La tâche d'éclaireur n'est pas facile, mais elle est exaltante, parce qu'il y a comme un va et vient permanent qui existe entre nous et notre âme. En effet, lorsque nous sommes conscients de notre capacité à éclairer, nous nous éclairons au même moment, car il peut arriver que les ombres de cette société nous fassent oublier ce que nous sommes.

"Être une lumière pour les autres", nécessite en amont beaucoup de patience, de volonté, d'humilité et de courage, car l'autre vers qui nous allons peut nous rejeter. Il nous faut donc assez de patience et d'humilité pour se rendre compte que chaque réalité a besoin de temps pour être.

 

Et si on devenait des lumières les uns pour les autres?

 

Nathasha

 

Partager cet article

Repost 0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>